Vous venez de lancer votre micro-entreprise et vous vous demandez si, comme travailleur indépendant, vous avez droit à « la CMU » ? La question de la CMU auto-entrepreneur revient sans arrêt, et pour une bonne raison : ce mot que tout le monde emploie encore ne correspond plus, aujourd’hui, à aucun dispositif réel. Rassurons-nous tout de suite : oui, un auto-entrepreneur est bien couvert, et il peut, sous conditions, bénéficier d’une aide pour sa complémentaire. Encore faut-il traduire l’ancien vocabulaire dans celui de 2026.
Commençons par le point le plus important, celui qui explique presque toute la confusion : la CMU au sens strict n’existe plus. Elle a été remplacée en deux temps. D’abord la couverture de base, ensuite la fameuse « complémentaire ». Comprendre ces deux bascules, c’est comprendre exactement ce à quoi vous avez droit quand vous êtes à votre compte.
Pourquoi « la CMU » ne veut plus rien dire
La Couverture maladie universelle de base a disparu en 2016. Elle a laissé place à la Protection universelle maladie, la PUMa. Le principe est simple, presque désarmant : toute personne qui travaille ou qui réside en France de façon stable et régulière est couverte pour la part de base des soins. Il n’y a plus de « statut » particulier à réclamer. Un auto-entrepreneur, dès qu’il déclare son activité, entre automatiquement dans ce système. Vous n’avez aucune démarche spécifique à faire pour « obtenir la CMU » : votre affiliation à l’Assurance maladie suit votre activité, tout simplement.
Imaginons la PUMa comme le socle d’une maison : elle rembourse la part obligatoire des consultations, des médicaments, des hospitalisations, selon les taux habituels de la Sécurité sociale. Mais un socle n’est pas un toit. Il reste, sur chaque soin, une partie à votre charge, le fameux « ticket modérateur ». C’est là qu’intervient la seconde brique, celle que les gens appelaient « la CMU complémentaire ».
La vraie question : la Complémentaire santé solidaire
En novembre 2019, deux anciens dispositifs, la CMU-C et l’ACS, ont fusionné dans un seul et même outil : la Complémentaire santé solidaire, la CSS. C’est aujourd’hui l’équivalent direct de ce qu’on appelait « la CMU complémentaire ». Elle prend en charge la partie qui reste après les remboursements de base, avec, dans la plupart des cas, une absence d’avance de frais chez le médecin, le dentiste ou à la pharmacie.
Un auto-entrepreneur peut tout à fait en bénéficier, à condition de respecter des plafonds de ressources. En 2026, selon le barème entré en vigueur au 1er avril, une personne seule dont les revenus se situent autour de 868 euros par mois, soit environ 10 166 euros par an, peut obtenir la CSS gratuite. Entre ce montant et environ 13 724 euros annuels, elle y a droit également, mais avec une participation modeste, plafonnée à moins de un euro par jour et par personne. Ces seuils sont plus élevés pour un couple ou une famille, puisqu’ils tiennent compte du nombre de personnes au foyer.
Comment sont comptées vos ressources quand vous êtes en micro-entreprise ? L’Assurance maladie s’appuie d’abord sur les revenus figurant sur votre dernier avis d’imposition. À défaut, ou si votre situation a beaucoup changé, elle retient le chiffre d’affaires hors taxes des quatre derniers trimestres, auquel s’applique l’abattement forfaitaire propre au régime micro. Autrement dit, ce n’est pas votre chiffre d’affaires brut qui est pris tel quel : l’abattement en retire une part avant le calcul, ce qui joue en votre faveur.
En 2026, vérifiez toujours votre situation
Nous préférons rester prudents sur les chiffres : les plafonds sont révisés régulièrement, et votre cas dépend de votre foyer, de vos revenus et de votre lieu de vie. Les montants cités ici, valables en 2026, vous donnent un ordre de grandeur, pas une réponse définitive. Le bon réflexe reste de passer par le simulateur officiel de la Complémentaire santé solidaire, puis de confirmer avec votre caisse d’assurance maladie. En quelques minutes, vous saurez si vous êtes éligible et à quelle version, gratuite ou avec participation.
| Avant | Aujourd’hui (2026) |
|---|---|
| CMU de base | Protection universelle maladie (PUMa), automatique dès que vous travaillez ou résidez en France |
| CMU-C + ACS | Complémentaire santé solidaire (CSS), soumise à conditions de ressources |
Source : Assurance maladie (Ameli) et Service-public.fr, barème 2026.
« La Complémentaire santé solidaire est destinée aux personnes dont les ressources sont modestes. Selon vos revenus, elle peut être gratuite ou avec une participation financière réduite. »
, Assurance maladie / Service-public
Notons que la CSS n’est pas la seule question à se poser quand on démarre à son compte. Beaucoup se demandent aussi si une couverture privée est requise : nous en parlons dans notre article sur la mutuelle est-elle obligatoire pour un auto-entrepreneur. Et pour comprendre pourquoi votre affiliation a autant évolué ces dernières années, il faut revenir sur ce qui a changé depuis la fin du RSI, qui a profondément réorganisé la protection sociale des indépendants.
Ce qu’on retient, en somme : le mot « CMU » appartient au passé, mais l’idée qu’il portait, être soigné sans se ruiner, est toujours bien là, sous d’autres noms. En tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes couvert d’office pour la base, et vous pouvez demander la Complémentaire santé solidaire si vos revenus le permettent. Il n’y a rien d’automatique côté complémentaire : c’est à vous de faire la demande, mais la porte est ouverte, et le simulateur officiel vous dira en quelques clics où vous vous situez.
12 ans de presse medicale, specialisee en vulgarisation sante et protection sociale. Elle ecrit pour que chacun comprenne — et verifie chaque source. Notre methode →