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Groupe d’entraide mutuelle (GEM) : ce que c’est, comment ça fonctionne et comment en trouver un

Qu'est-ce qu'un groupe d'entraide mutuelle ? Découvrez comment ça marche, qui peut en bénéficier et comment trouver un GEM près de chez vous.

Camille Roussel Journaliste sante — pas medecin
Mis a jour le 18 août 2026 · 13 min · ✓ Sources verifiees

Votre médecin ou votre assistante sociale vous a parlé d’un groupe d’entraide mutuelle, mais vous ne savez pas vraiment ce que c’est ni si cela vous concerne ? Beaucoup de personnes touchées par un handicap psychique, ainsi que leurs proches, se posent la même question. Un GEM, c’est un espace où l’on se rencontre et où l’on s’entraide entre pairs, loin de toute hiérarchie médicale. Pas de soins, pas d’obligation : juste du soutien mutuel pour rompre l’isolement et retrouver de l’autonomie. Depuis la loi de 2005, ce dispositif a pris forme et concerne aujourd’hui plus de 50 000 personnes en France. Voici ce qu’il faut savoir pour comprendre son fonctionnement et trouver celui qui vous convient.

En bref :

  • Un groupe d’entraide mutuelle (GEM) est une structure associative destinée aux personnes en situation de handicap psychique, cognitif ou de fragilité sociale.
  • Les GEM reposent sur le principe de pair-aidance : les membres se soutiennent mutuellement, sans hiérarchie soignante.
  • L’adhésion est libre et volontaire ; aucun diagnostic médical n’est exigé à l’entrée.
  • Le financement est assuré principalement par l’Assurance maladie, piloté par les ARS.
  • On compte aujourd’hui plus de 700 GEM en France, répartis sur l’ensemble du territoire.
  • Un GEM n’est pas un service de soins : il complète le parcours de soin sans s’y substituer.
  • La santé mentale étant un enjeu croissant, les GEM constituent un nouveau maillon reconnu du parcours de rétablissement en France.

Qu’est-ce qu’un groupe d’entraide mutuelle ?

Ce qui fait vraiment la différence entre un groupe d’entraide mutuelle et un centre médico-social ou un hôpital de jour, c’est simple : le pouvoir de décision appartient aux membres eux-mêmes, pas aux professionnels de santé. C’est là que réside son originalité, et aussi sa force.

Sur le plan juridique, un GEM est une association régie par la loi de 1901. Le dispositif a vu le jour avec la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. C’est l’article L. 114-1-1 du Code de l’action sociale et des familles (CASF) qui en pose les bases : les GEM visent à prévenir l’isolement et favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap psychique.

La circulaire DGAS du 29 août 2005 a ensuite détaillé le fonctionnement, notamment le rôle de l’organisme parrain et les conditions d’obtention de la subvention. Cette circulaire a connu plusieurs réajustements, en 2011 et 2023 notamment, pour élargir les publics éligibles et renforcer la gouvernance participative.

Ce qui distingue fondamentalement un GEM d’un établissement médico-social classique, c’est qu’aucun acte de soin n’y est dispensé. Aucune relation soignant/soigné, par définition. Les membres sont des adhérents, pas des patients. Ils élisent leur bureau, décident de leurs activités, gèrent leur association. En 2023, la France dénombre plus de 700 GEM actifs, accueillant plusieurs dizaines de milliers de personnes.

CritèreGEMÉtablissement médico-social
GouvernancePar les membres eux-mêmes (AG, bureau élu)Par des professionnels (directeur, conseil d’administration)
SoinsAucun acte de soin dispenséAccompagnement médico-social ou soins intégrés
AdhésionLibre et volontaire, sans dossier médicalSur orientation, avec évaluation et notification MDPH
FinancementSubvention Assurance maladie via ARSBudget global, tarification par l’ARS ou le Conseil départemental

En résumé, le GEM fonctionne selon une logique de citoyenneté et d’autodétermination, complémentaire au soin psychiatrique ou médico-social traditionnel, mais distincte de celui-ci.

Infographie expliquant les 4 piliers d'un groupe d'entraide mutuelle : gouvernance, adhésion, financement et activités

Qui peut rejoindre un groupe d’entraide mutuelle et pour quelles situations ?

Les publics prioritairement concernés par les GEM

Les GEM ont d’abord été pensés pour les personnes en situation de handicap psychique : troubles schizophréniques, troubles bipolaires, dépression sévère et durable, troubles anxieux invalidants. Pendant longtemps, ce public représentait environ 80 % des adhérents au niveau national.

Depuis 2018 et 2023, les portes se sont ouvertes. Les personnes présentant un trouble cognitif lié à une lésion cérébrale acquise ou un traumatisme crânien peuvent désormais rejoindre un GEM. Il en va de même pour celles concernées par des troubles du neurodéveloppement (TND), y compris l’autisme. Cette évolution répond à une réalité de terrain bien documentée : l’isolement social dépasse largement le seul handicap psychique.

Chaque GEM se construit selon son contexte local et son projet associatif. Certains se spécialisent auprès des personnes cérébrolésées, d’autres autour de l’autisme adulte, d’autres encore fonctionnent de manière généraliste. L’ARS de chaque région valide le projet et s’assure de la cohérence de l’offre locale en santé mentale.

⚠️ Attention

Un GEM n’est ni un hébergement, ni une structure de soins. Il ne remplace pas un suivi psychiatrique, psychologique ou médical. Si vous traversez une crise ou avez besoin d’accompagnement thérapeutique, adressez-vous à votre médecin traitant, un psychiatre ou le service des urgences psychiatriques.

Conditions d’adhésion à un groupe d’entraide mutuelle

Rejoindre un GEM est volontairement simple. Il suffit généralement de téléphoner ou de se présenter directement lors d’une permanence ou d’une journée portes ouvertes. Aucun dossier médical exigé, aucune orientation MDPH obligatoire, aucun justificatif de diagnostic.

Une cotisation symbolique est parfois demandée, généralement entre 5 et 20 € par an, pour formaliser l’adhésion associative. Beaucoup de GEM proposent une période d’essai gratuite, permettant de participer à quelques activités avant de s’engager. L’approche reste humaine : une première visite, un échange informel, et vous décidez à votre rythme.

💡 Astuce

Avant de vous engager, visitez plusieurs GEM de votre secteur si possible. Chaque structure a sa propre ambiance, ses activités, son rythme. Ce qui convient à l’un ne conviendra pas nécessairement à l’autre. Prendre le temps de comparer, c’est normal et même recommandé.

Le fonctionnement d’un groupe d’entraide mutuelle : pair-aidance et vie associative

Le principe de pair-aidance au cœur des GEM

La pair-aidance est le cœur battant des GEM. Le principe : des personnes ayant vécu des expériences similaires , troubles psychiques, lésions cérébrales, isolement social , s’entraident en s’appuyant sur ce qu’elles ont traversé. Ce n’est pas un professionnel qui guide, c’est quelqu’un qui comprend vraiment, de l’intérieur.

Dans les GEM, cette pair-aidance reste informelle : elle n’est pas codifiée ni rémunérée, contrairement à la pair-aidance professionnelle qui émerge dans certains services hospitaliers. Elle se vit dans les conversations quotidiennes, les groupes de parole, les activités partagées. Des rapports de l’IGAS et de la HAS ont montré l’impact positif de ce modèle sur le rétablissement et la réduction de l’isolement, même si les études contrôlées à grande échelle restent encore rares en France.

Ce que les gens rapportent le plus souvent, c’est un sentiment d’être compris sans avoir à tout expliquer. C’est précisément ce qu’un service médical classique, même bienveillant, ne peut pas toujours offrir. La santé mentale se soigne aussi dans ces espaces de vie ordinaire.

Organisation et gouvernance d’un groupe d’entraide mutuelle

Chaque GEM est une association loi 1901 avec ses propres statuts. Elle tient une assemblée générale annuelle et élit un bureau (président, trésorier, secrétaire) composé en majorité de membres adhérents. Ce fonctionnement démocratique est une condition obligatoire pour obtenir la subvention de l’ARS.

Chaque GEM s’appuie sur un organisme parrain, souvent une association du secteur médico-social, un établissement psychiatrique ou une fédération. Le parrain offre un soutien logistique, administratif et juridique, sans diriger la structure. Son rôle : sécuriser, pas décider.

Un animateur salarié (généralement 1 ETP) est financé par la subvention. Il facilite la vie associative, coordonne les activités, sans jamais prendre la place des membres dans les décisions. Le GEM produit chaque année un rapport d’activité transmis à l’ARS, ainsi qu’un projet associatif actualisé.

CatégorieExemples d’activités
CulturelSorties musées, cinéma, spectacles, ateliers lecture
Bien-êtreYoga, relaxation, marche, jardinage thérapeutique
SocialCuisine collective, cafés conviviaux, groupes de parole
FormationAteliers informatique, aide aux démarches administratives, initiation aux droits

📌 Conseil

La participation aux activités d’un GEM est toujours libre et sans obligation. Venir une fois par semaine ou une fois par mois, participer à un atelier ou simplement prendre un café : chacun fixe son propre rythme. Il n’existe aucune assiduité minimale requise.

Financement et pilotage des groupes d’entraide mutuelle en France

D’où vient l’argent pour faire fonctionner les GEM, et qui décide ? C’est une question légitime, car elle touche directement à la pérennité de ces structures. Le système est précis, même s’il peut sembler compliqué à première vue.

Le financement provient principalement de l’Assurance maladie, via les Agences Régionales de Santé (ARS). Il s’inscrit dans le cadre de l’ONDAM médico-social (Objectif National des Dépenses d’Assurance Maladie). Concrètement, chaque GEM reçoit une subvention annuelle variant entre 75 000 et 80 000 €, selon les régions et les années. Cette enveloppe couvre surtout le salaire de l’animateur, le loyer des locaux et les frais de fonctionnement.

À l’échelle nationale, le budget total alloué aux GEM a progressé depuis 2005, passant de quelques millions d’euros à plus de 55 millions d’euros annuels en 2023. Cette progression reflète l’augmentation du nombre de structures. Des régions comme l’Île-de-France ou Auvergne-Rhône-Alpes concentrent davantage de GEM, en lien avec la densité de population et les besoins identifiés en santé mentale. En Rhône, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes coordonne l’attribution des subventions et publie les appels à projets sur son site.

Pour obtenir cette subvention, un GEM doit remplir plusieurs conditions : disposer d’un projet associatif validé, avoir identifié un organisme parrain, et produire un rapport d’activité annuel. Le renouvellement n’est jamais automatique.

⚠️ Attention

La subvention ARS n’est pas automatiquement reconduite d’une année sur l’autre. Le GEM doit renouveler son dossier, démontrer son activité réelle et le respect de son projet associatif. Un GEM qui ne produit pas son rapport d’activité ou qui ne respecte pas les conditions initiales peut voir sa subvention suspendue ou réduite.

D’autres ressources peuvent compléter ce financement : cotisations des membres, subventions de collectivités locales (communes, départements), mécénat associatif. Ces apports restent toutefois minoritaires dans le budget global. Pour les membres qui se posent la question de leur propre couverture santé, notamment les travailleurs indépendants, consulter notre article sur l’obligation de mutuelle pour les auto-entrepreneurs peut aussi faire partie des démarches à clarifier en parallèle.

Comment trouver un groupe d’entraide mutuelle près de chez vous ?

Vous envisagez de rejoindre un GEM, ou d’accompagner un proche dans cette démarche ? Voici les pistes concrètes pour trouver une structure près de chez vous, sans vous perdre dans les démarches administratives.

1. Consulter l’annuaire de l’ARS de votre région. Chaque ARS dispose d’une liste actualisée des GEM financés sur son territoire. Pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, le site de l’ARS en est la référence ; pour l’Île-de-France, celui de l’ARS Île-de-France. Certaines ARS proposent des cartographies interactives (de type ArcGIS/MapServer) permettant de localiser les GEM sur une carte, avec coordonnées et horaires.

2. Contacter Psycom, organisme public d’information en santé mentale, qui recense les ressources disponibles par département et propose des fiches pratiques sur les GEM.

3. Se renseigner auprès de l’UNAFAM, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques. Ses délégations locales connaissent bien le tissu associatif de proximité et peuvent vous orienter vers les GEM du secteur.

4. Consulter maboussoleaidants.fr, plateforme nationale dédiée aux aidants, qui référence aussi les structures d’entraide et de soutien aux personnes en situation de trouble psychique ou cognitif.

5. En parler à son médecin traitant ou psychiatre. Les professionnels de santé connaissent souvent bien les ressources locales et peuvent vous orienter vers un GEM adapté à votre profil et vos besoins.

6. Contacter la MDPH locale. Même si aucune notification MDPH n’est requise pour adhérer à un GEM, la Maison départementale des personnes handicapées peut fournir des informations utiles sur l’offre disponible dans le département.

💡 Astuce

N’hésitez pas à contacter directement plusieurs GEM de votre région pour connaître leurs horaires, leurs activités et leur ambiance avant de vous engager.

Questions fréquentes sur les groupes d’entraide mutuelle

Un groupe d’entraide mutuelle est-il un service de soins psychiatriques ?

Non. Un groupe d’entraide mutuelle n’est pas un dispositif de soins. Il ne dispense ni traitement, ni suivi médical, ni thérapie. C’est un espace de socialisation et de soutien entre pairs, géré par et pour ses membres. Il complète le parcours de soin sans s’y substituer.

Faut-il une orientation médicale ou un dossier MDPH pour intégrer un GEM ?

Non, aucune prescription médicale ni reconnaissance MDPH n’est exigée. L’adhésion repose sur la démarche volontaire de la personne concernée. Certains GEM accueillent sur simple prise de contact directe. Cette accessibilité sans formalité administrative est l’un des principes fondateurs du dispositif.

Combien coûte l’adhésion à un groupe d’entraide mutuelle ?

L’adhésion à un groupe d’entraide mutuelle est généralement symbolique, souvent comprise entre 1 et 5 euros par an. Les GEM sont financés principalement par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), ce qui leur permet de proposer leurs activités sans frais significatifs pour les membres.

Les aidants et proches peuvent-ils participer aux activités d’un GEM ?

Cela dépend du règlement intérieur de chaque structure. Certains GEM réservent leurs activités aux seuls membres adhérents, d’autres ouvrent ponctuellement leurs portes aux proches ou aidants. Il est conseillé de contacter directement le GEM concerné pour connaître ses modalités d’accueil spécifiques.

Quelle est la différence entre un GEM et un ESAT ou un CSAPA ?

Un ESAT est un établissement de travail adapté pour personnes handicapées ; un CSAPA traite les addictions. Le groupe d’entraide mutuelle, lui, n’est ni un lieu de travail ni un centre de soins : c’est un espace de vie sociale autogéré, centré sur le lien entre pairs et la lutte contre l’isolement.

GEM : un dispositif utile, mais à connaître pour en bénéficier

Le groupe d’entraide mutuelle est un dispositif simple dans son principe, mais précieux dans ses effets : un espace autogéré, accessible sans formalité, où des personnes vivant avec des troubles psychiques ou cognitifs se retrouvent pour partager des activités et rompre l’isolement. Il s’adresse à toute personne qui en ressent le besoin, sans condition de diagnostic ni de dossier administratif.

Important à retenir : le GEM n’est pas un substitut au suivi médical ou psychiatrique. C’est un complément, un filet de soutien social qui s’intègre dans un parcours de vie global.

Pour trouver un GEM près de chez vous, plusieurs portes d’entrée existent : votre médecin traitant, le site de Psycom, ou l’Agence régionale de santé (ARS) de votre région. Une première visite sans engagement est toujours possible, et souvent, c’est simplement comme ça que tout commence.

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Camille Roussel, journaliste sante
Camille Roussel
Journaliste sante — pas medecin

12 ans de presse medicale, specialisee en vulgarisation sante et protection sociale. Elle ecrit pour que chacun comprenne — et verifie chaque source. Notre methode →

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